Trisha Brown : Elle danse…et elle dessine…Expo très intéressante au MAC Lyon

Trisha Brown, dessin-performance, Philadelphia Museum of Art, 2003

Pour que le public ne sache pas que je pourrais avoir cessé de danser.  
Trisha Brown a toujours dessiné en parallèle de ses activités chorégraphiques. Pour moi celà concrétise la transversalité  entre la danse contemporaine et les arts plastiques. J’apprécie beaucoup l’article de Magali Lesauvage paru sur fluctuat.net  et toutes les relations qu’elle remarque avec les oeuvres d’artistes contemporains, comme Yves Klein.. En effet, je me pose la même question : » Les dessins de Trisha Brown sont-ils encore de la danse ou déjà de l’art ? La réponse se situe dans un interstice entre absence et présence du corps de l’artiste » écrit Magali ; et je complèterais:  de l’artiste-danseuse-chorégraphe-plasticienne. La visite de l’expo demande de l’attention ; on ne sait pas bien ce qu’on regarde. Mais on distingue plusieurs registres de dessins présentés  :
 
 
 – des dessins chorégraphiques sur des pages de carnets quadrillées, comme des partitions musicales, pour elle-même ; pour mémoriser ? Huit ou 10 motifs disposés rigoureusement à égale distance les uns des autres, comme des danseurs sur une scène. Pardonnez-moi, j’ai manqué la photo ; si quelqu’un en a réussi une, merci de me l’envoyer ! Chaque motif est constitué d’une vingtaine de traits que l’on peut imaginer être la trace du mouvement des jambes et des bras du danseur.

 – des dessins sur la problématique du corps présentant des sortes de jambes emmêllées.

 – des dessins sensibles où l’on reconnaît des parties du corps comme dans les Antropomorphies d’Yves Klein.

Dans une salle du MAC, on peut regarder une vidéo passionnante ! Trisha Brown danse, couchée sur une grande feuille de papier possée au sol, avec des crayons acrochés aux doigts et aux orteils ! Il fallait y penser ! La chorégraphie est sensuelle, émouvante..La Belle danse encore, dans sa maturité, mais, au sol ! Je me demande si la grande Trisha n’a pas inventé le dessin performatif ! sur le papier, s’impriment les traces du passage du corps de la danseuse.

Dans le précédent article, j’ai dit que les dessins de Trisha Brown appartenaient au registre de l’abstraction ; et bien, j’ai complètement changé d’avis ! A les regarder de plus près, tout en eux évoque le corps humain dans sa grâce ! Vous ne trouvez-pas ?

À propos de Françoise Delaire

historienne de l'art
Ce contenu a été publié dans Art Contemporain, Danse, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *