Expo Dali à Beaubourg : Tout y est !

Je  n’avais pas vraiment envie d’ aller voir Dali au Centre Pompidou, et me suis laissée convaincre par un ami,  car, en plus, je n’avais pas vu la rétrospective  de 1979. L’artiste fait tellement partie de notre culture qu’on croit bien le connaître. Mais…. il  a été si prolifique ….

L’expo, très populaire, est de bonne facture. Toutes les dimensions du « génie » (1904 – 1883) sont présentées : les dessins exceptionnels , les peintures d’inspiration surréaliste, comme le célèbre tableau de 1936 La Persistance de la mémoire (les montres molles posées sur les branches des arbres) ; les chefs d’oeuvre de l’histoire de l’art passés au crible de la « paranoïa critique » avec l’Angelus de Millet – l’artiste imagine que le couple de paysans se recueille sur la tombe d’un enfant -, La Lectrice de Vermeer…

Dans  le domaine du cinéma, on peut revoir Le Chien andalou, auquel Salvador Dali collabora avec son ami Luis Bunuel en 1929, et L’Age d’or de 1930. Grâce aux vidéos j’ai découvert les  « performances », avant la lettre, de l’artiste à la fenêtre de sa chambre au Ritz. J’ai revu ses « spots » publicitaires pour le Chocolat Lanvin qui m’ont rappelé mon enfance.

Salvador Dali a très tôt inventé des objets entre design et sculpture, devenus absolument populaires : La Venus de Milo aux tiroirs de 1936, le Sofa May West de 1938, reprenant la forme de la bouche de l’actrice..

May West Hall, Fondation Gala Dali, Figueras, Espagne

Tous les visiteurs peuvent se faire photographier assis sur la bouche de May West, disposée en bas du  visage, grâce à cette astucieuse installation. Un salon avec horloge posée sur la cheminée – le nez – et tableaux aux murs – les yeux -, entouré de rideaux  – les cheveux couleur platine – comme une scène de théâtre. Et en plus l’ensemble se reflète dans un miroir. Regardez comme c’est trop drôle !  En bas à droite, toute petite, c’est moi.

Comme presque toutes les tableaux de l’artiste, cette oeuvre permet plusieurs niveaux de lecture visuelle.

 

Cette rétrospective est très complète ; tous les thèmes sont abordés : le surréalisme, la religion, la politique – il était franquiste -, le rapport aux médias qu’il a si bien manipulés.. le spectacle. j’en oublie évidemment !

Dans le magazine L’Oeil d’octobre 2012, Philippe Piguet et Vincent Noce constituent un dossier didactique très intéressant. Je n’avais pas réalisé l’influence de Salvador Dali sur l’art contemporain.  Fabrice Hyber et ses P.O.F. (prototypes d’objets en fonctionnement) ; Jeff Koons  et ses sculptures kitsch, dont le homard suspendu, Acrobat,  2009, rappelle le Téléphone-homard de Dali ;  Maurizio Cattelan cultivant la provocation comme lui, tous les artistes de la performance.. . Peut-on voir aussi l’héritage de Dali dans les acoutrements et les extravagances de Lady Gaga ?! On n’en finit pas

À propos de Françoise Delaire

historienne de l'art
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