Jean-Michel Othoniel au Centre Pompidou : Je reste sceptique !

Le Kiosque des noctambules, 2000

Le rigolo baldaquin orné de perles de métal et de verre   à la station de métro Palais-Royal à Paris, c’est de lui. Ce montage de verroterie est très décoratif, mais féérique ???? Plutôt mièvre.  La rétrospective de Jean-Michel Othoniel au Centre Pompidou m’a laissée froide. J’ai beau relire les analyses de la commissaire, Catherine Grenier  – Beaux Arts Magazine n° 321 -, je ne ressens pas la dimension votive, religieuse et sacrée des oeuvres. D’après la critique, Natacha Wolinski, l’artiste métamorphose son deuil et ses blessures en perles de verre colorées, lumineuses et fragiles, enfilées en colliers et en bannières….
 

Le Bateau de larmes, 2004

 Comme Lunettes Rouges, j’ai été choquée par Le Bateau de larmes, 2004. Pour moi, cette oeuvre est insultante pour les boatpeople qui se sont noyés, si proches des côtes de la Floride, en espérant fuir la misère. Comment Othoniel peut-il récupérer cette pauvre coque de bois échouée et l’enguirlander de perles ?! Ha, j’oubliais, celà doit faire allusion à la « résurrection » de ces malheureux !!!!

L'Anus vert, 1992

  Quant à L’Anus vert, 1992, vous ne trouvez pas qu’ on se moque de nous ?! Certes, l’astucieux jeu de miroirs révèle l’anatomie interne de cette sculpture de soufre, orifice traité en bijou de jade ! Faut-il s’extasier ? ou éclater de rire ?! Finalement j’ai bien aimé les titres. Savoureux, comme Post-tits, 1995 – des mamelons roses peints sur des post-it jaunes – ou  L’âme moulée au cul, 1989. Un vrai festival langagier, cru ! J-M. Othoniel est un véritable orfèvre des mots. Je suis étonnée que personne, à ma connaissance, ne l’ai remarqué. Comment Catherine Grenier peut-elle tenir un discours aussi sérieux, voire attristé, et oculter la drôlerie des titres ? L’artiste ne fait-il pas de l’humour érotique ? Ou alors, je n’ai rien compris. Il se prend très au sérieux. Jugez par vous-même et écoutez le commentaire de Mon Lit, 2003, par Jean-Michel Othoniel  . Il a l’air d’y croire ! Pour moi, c’est de la pure dérision ! Que gardera l’histoire de l’art ? À moins de ressusciter – en sculpture de verroteries » à la Othoniel », bien sûr -, je n’en saurai rien, mais je doute.

Bon, si vous allez voir l’expo François Morellet, en redescendant, visitez ce phénomène, et dites-moi ce que vous en pensez !  jusqu’au 21 mai 2011.

À propos de Françoise Delaire

historienne de l'art
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